11/06/2004

Chronique 16

(Femmes d'Aujourd'hui N°22 – 03/06/04)

Crevé !

"A mesure que le temps passe, je mesure le temps qui passe (...) On s'embrassera dans le cou. Il y aura tout autour de nous." (Benjamin Biolay – "Les cerfs volants ")
Histoire d'un samedi matin pas comme les autres... Quoique. Maman et papa sont rentrés aux petites heures (concert puis resto avec des amis).
A 6h00, je gazouille et m'agite dans mon lit. A 7h00, Eva vient s'occuper de moi pour laisser maman et papa dormir un peu... Je suis adorable avec ma soeur, mais à 8h15... j'ai faim ! Alors elle monte chercher maman (samedi, c'est le jour de récup. de papa). Elle se lève et me rejoint... mais j'ai envie de papa. Je ne le sais pas encore, mais à ce moment là, il m'entend le réclamer et il se dit qu'il ne dormira plus. Lorsque je reconnais ses pas dans les escaliers, j'exulte : "Papa est là !". Je l’aborde d’entrée de jeux : "Alors papa, il est où Benjamin Biolay ?" Maman m'explique qu'ils l'ont vu hier en concert (ca j'avais pigé, sinon j'en parlerais pas !) Maman : "Un concert, ça fait un petit peu beaucoup de bruit pour toi, mais un jour, on t'y emmènera". Moi (têtu): "Il est où Benjamin Biolay ? C'est quoi les Papous ? On va au marché ?" - "Mais non, mon petit bonhomme, on est samedi !" Moi (micro-crise):"Samediiiiii !" Maman : "Demain, ce sera dimanche et tu iras au marché avec papa !" Moi : "Il est où papa ?" Papa : "Je suis là !" Moi : "Il est où dimanche ?" Maman : "Dimanche, c'est demain. Aujourd'hui, on est samedi." Moi : "Il est où aujourd'hui ? Demain, c'est aujourd'hui. Et il est où Benjamin Biolay ?". Papa (diversion) : "Loulou, On va prendre un petit déjeuner tous ensemble. C'est pour ca que papa s'est levé tôt pour un samedi. Et puis, si tu veux, on écoutera le disque de Benjamin Biolay".
OK. Je marche ! Papa va à la boulangerie et au magasin de journaux (en ayant pris soin de me prévenir parce que j'aime pas quand il part sans prévenir). Moi : "Papa, tu aimes bien le magasin de journaux ?" (un grand classique de mon répertoire). Papa: "Oui andouille, j'aime bien le magasin de journaux ! A tout de suite, Loulou." Moi : "A tout de suite, mon papa."
Mathilde a été sortie du lit (elle aussi) par le tintamarre familiale. Petit dej. à 5. Croissants, jus d'orange frais, café et chocolat chaud. C’est rare étant donné les horaires si différents les uns des autres en semaine, et puis, comme il faut en permanence s'occuper de moi lorsque je mange, c'est pas évident d'être "ensemble".
Après cela, maman m'emmène à une plaine de jeu... mais sa voiture a un pneu crevé. On ira à pied pendant que papa réparera la voiture de maman.

Rentrant de balade avec maman, je retrouve papa dans la rue, occupé à remplacer le pneu crevé de la voiture de maman. Le bruit grinçant du desserrage des boulons me plaît et je veux rester près de lui. "Crac" fait le boulon ! – "Cling" fait la clé qui tombe sans arrêt. Chouette ambiance sonore ! Papa en profite pour me faire sentir le vieux pneu crevé et le nouveau.
J'essaye même d'en soulever un. C'est lourd ! Il me montre aussi qu'un pneu, ça roule. Ben oui, pour moi, une voiture ça se résume à un déplacement entre deux endroits, à du bruit, du mouvement, une portière arrière (la mienne), un siège et le dossier de celui de papa, et enfin, à de la carrosserie. Je n'ai donc qu'une perception fragmentaire de ce qu'est une voiture. Il en est de même pour beaucoup de chose que je découvre petit à petit.
Voilà donc le pneu remplacé. Je suis comme lui : crevé (c'est l'heure de la sieste car je me suis réveillé tôt ce matin), et pour papa itou car le soir, ils sortent de nouveau.
La vie est belle.

11:46 Écrit par Luc Boland | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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