17/05/2004

Chronique 13

(Femmes d'Aujourd'hui N°19 – 12/05/04)

Les gros mots

Emotions et "lumière"


De retour de l’école. Une journée bien remplie. Fatigue et émotions m'emplissent le coeur. Mon chagrin est inconsolable, mes propos confus. Papa et maman n’en comprennent pas la cause. Puis soudain, la "lumière" dans ma tête : j'enchaîne les mots et les dialogues avec maman et papa comme jamais auparavant : "Lou, il pleure. (...) Loulou, il doit pas pleurer. Loulou il peut pas dire de gros mots sinon Marie-Anne se fâche" (sa maîtresse). Maman (qui a compris) : "C'est juste, mon Loulou et Marie-Anne, elle a raison". (Ma tristesse disparaît peu à peu) Moi :" Oui, je dois bien obéir à Marie-Anne, Marie-Anne elle est gentille. Mais elle sa fâche quand je dis des gros mots. Alors, je peux pas dire des gros mots. C'est comme papa et maman qui se fâchent quand Loulou, il est pas sage. (NDL: texto :) A propos, je dois bien jouer avec mes petites mains(*) avec Marie-Anne, sinon, je suis un bébé Cadum !". Papa se retient de rire : "C'est exacte, parce que Marie-Anne, elle a plein de choses à t'apprendre.". Moi: "A ce propos (NDL: re-sic!), je dois pas avoir peur. Je dois faire confiance à Marie-Anne. Je dois bien apprendre pour ne plus avoir peur". -un temps- "Marie-Anne, Maman et papa, ils sont là pour me protéger. C'est pour cela que je dois pas avoir peur". (Je suis tout sourire et j'étreints papa) "Je t'aime, mon papa !" Papa: "Moi aussi je t'aime, et c'est pour cela qu'on t'aide à ne plus avoir peur. Au plus tu apprendras de choses, au moins tu auras peur".
Je finis en faisant des doudouces sur le visage de papa et maman. Retour dans le positif. Mes émotions sont évacuées... je suis tout roudoudou, tout joyeux. La vie est belle et je sais très bien que Marie-Anne, papa et maman, ils m'aiment très fort et qu'ils font les choses pour mon bien

Merde = craque-boum-zute-flute !

L’origine de ce gros chagrin ? Vous l’aurez compris : les gros mots.
Une maladresse ? Et hop, Papa ou les autres en prononcent un. C’est comme ça que j’ai découvert le fameux mot. Il n'en a pas fallu plus pour que je l’enregistre dans mon petit disque dur. Du coup, j'ai commencé à le dire très souvent, comme un jeu et à toutes les sauces : façon "Petit chien courage"(*), à la manière de Monsieur René (*) etc. Le plaisir de la transgression. Ben oui, je ne voyais pas pourquoi les autres pouvaient et moi pas... Puis, d'une certaine façon, M... est synonyme de soucis, c'était donc une manière pour moi d'apprivoiser la "tension" du moment (On ne le dit quand tout va bien, hein ?).
Mais comme d'hab., j'ai un peu exagéré aussi, je le reconnais. Cela m’amusait tellement qu’à l’école, je n’arrêtais plus de le dire sans raison. Evidemment, tout comme mes parents, ma maîtresse (que j’adore) ne m’a pas laissé faire. Papa et maman ont bien essayé de me l’interdire, mais moi, je contournais l'obstacle en jouant : (moi): "Merde !" - (toujours moi) -"Mais, petit Lou, tu ne peux pas dire merde !" (etc.).
Depuis lors, mes parents ont trouvé la parade : ils me disent que je dois dire "flute" ou "zut" ou bien encore (ça m'a bien fait rigoler) : "Craque-boum-zute-flute !". Ce qui fait que pendant un temps, j’ai transformé mon jeu en disant : "On ne peux pas dire merde, on doit dire craque-boum-zute-flute !". Enfin, toute la famille a surveillé son langage même si parfois, j'entends encore ce mot qui me fait réagir instantanément : "Hein, hein, hein, maman a dit un gros mot !". Et de demander alors une justification : "Maman, est-ce qu’on peut dire des gros mots ?". Et mes parents en chœur, de répondre : "On doit essayer de ne pas en dire". Moi (malicieux) : "Et on peut dire… merle ?"

* voir chroniques précédentes.

12:02 Écrit par Luc Boland | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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