06/05/2004

Chronique 12

(Femmes d'Aujourd'hui N°18 – 5/05/04)

Les bruits de la vie

Mes talents d'imitateurs.


J'adore par dessus tout inventer, créer ou reproduire des sons. Faudrait même qu'un jour papa, il en parle à ses copains bruiteurs de films (je blague, parce que pour cela, je devrais être capable de travailler en voyant les images !). Figurez-vous, que j'imite à la perfection (entre autres choses) le bruit de la tondeuse à gazon et celui du taille bordure. Vous remarquerez la précision : ce sont deux sons très distincts ! Dès que j'entends une tondeuse dans le quartier (même à deux cents mètres), je veux aller au jardin pour l'écouter... De la raison des crises quand l'herbe est mouillée (rappelez-vous la seconde chronique).
La plus belle anecdote en ce domaine remonte à un dimanche, il y a six mois environ.
Cela faisait une semaine que nos voisins aménageaient leur cave : nettoyage, peinture, forage etc... . Dimanche donc, le voisin me voit revenir du marché avec papa et vient me saluer : "Bonjour, Monsieur Lou" (je le reconnais tout de suite à son accent hollandais) ...et je ne réponds pas ! Papa : "Lou, tu dis bonjour à Geert ?" Ma réponse : "Vrrrouiiiiiiiiiiiiii" (onomatopée). Geert (gentil): "Tu en fais de beaux bruits". Papa ("TILT" dans sa tête) : "Lou, c'est quoi le bruit que tu fais?". Moi :"J'imite les travaux". Et effectivement, je venais d'imiter à la perfection le bruit de la foreuse attaquant une pierre et que l'on entend à de l'autre côté du mur (Je suis sûr, cher lecteur, que ce son particulier vous revient tout de suite en mémoire). Papa avait bien deviné et Geert en était scotché !

La porte qui grince

J'aime tellement les sons, qu'il y a peu, un de mes "trips" était de me mettre dans le vestibule et d'y rester longtemps à faire grincer la porte menant au living. Faut dire que papa n'avait plus mis d'huile depuis longtemps et qu'elle faisait de superbes bruits selon que je la fasse bouger lentement ou très vite. Un vrai château hanté. C'était génial et je m'amusais comme un petit fou :
Moi : "Porte, tu ne peux pas faire oooouuuuiiiiiiii !" Puis je faisais grincer la porte et me fâchais encore plus fort : "Porte ! Qu'est-ce que j'ai dit ! Tu ne peux pas grincer!" ou "Tu ne peux pas pleurer!"(etc...) . Le problème, c'est que la voisine était réveillée par le bruit de la porte quand maman et papa, ils rentraient tard le week-end (ils aiment bien faire la fête et décompresser le w-e). Du coup, maman (oui, maman ! Bravo, papa!), a mis de l'huile dans les gons. Drame ! J'ai piqué une de ces colères... J'étais triste à l'infini et je disais : "La porte, elle pleure parce qu'elle ne grince plus !". Ma tristesse a duré deux ou trois jours ! Alors, mes parents ont trouvé la parade et m'ont dit : "Tu vois, la porte, elle ne pleure plus... Ca veux dire qu'elle est contente ! Elle aimait pas grincer". Ils m'ont bien eu !
N'empêche, qu'avec un tel argument, ils ne sont pas sortis de l'auberge pour m'expliquer qu'un fauteuil, une chaise, une table (...), ça ne vit pas comme nous les humains, ou les animaux. Faut dire à ce propos que j'ai une furieuse tendance à soit opérer un transfert de mes sentiments sur les objets, soit à avoir difficile de distinguer le "vivant" du "matériel". Ben oui, qu'est ce qui est "vivant" entre : une télévision, un enregistreur, un lecteur de CD, ma peluche éléphant contenant une puce électronique qui lui fait répéter tout ce qu'il entend, une voiture, les éléments (le bruit du vent, de la pluie etc.), et le bruit de la vie (les animaux, les humains) ? Tous font du bruit et donc, d'une certaine manière, vivent à mon oreille.
Pas simple la vie sans la vue, je vous jure, mais si riche en sons !

14:12 Écrit par Luc Boland | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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