26/04/2004

Chronique 10

(Femmes d'Aujourd'hui N°17 - 22/04/04)

Les contacts physiques

Le fauteuil qui pleure !


J'adore les guili-guili... Et comme j'ai tendance à projeter mes sentiments sur des objets (quels qu'ils soient), papa a trouvé la parade un jour où j'étais pas de bonne composition (je pleurais). Du coup j'ai dit : "Le fauteuil, il pleure !" Papa a tourné cela à l'humour en me traitant de coquin et en m'expliquant qu'un fauteuil, ça ne pleure pas ! J'ai récidivé. Alors il m'a chatouillé... et je suis revenu dans le positif.
Depuis lors, je m'amuse à tourner toute la famille en bourrique, en faisant exprès de dire : "Le fauteuil qui pleure!". C'est le signal pour une séance de chatouillis terribles... que j'adore. (Cfr. Photo). Comme quoi, je les ai pris à leur propre piège ! N'empêche que, pour être honnête, ça m'arrive souvent de faire ce genre de transfert : "le téléphone, il pleure" (si je peux pas parler à Bon-Papy), ou "la table, elle a mal" (lorsque je me suis cogné) etc... A chaque fois, mes parents me corrigent... Mais je sais pas si je les laisserai gagner ce combat !

Roudoudou !

Y'a des moments aussi où j'aime bien être "Roudoudou". Papa, il dit toujours que le plus grand bonheur pour une maman ou un papa, c'est lorsque son petit enfant se trouve endormi dans les bras dans une relation de confiance et d'abandon total. Il boit du petit lait, à ces moments là. Mais avec la plupart des enfants, cette relation finit un jour par se faire plus rare, voire disparaître.
Avec moi, point de cela ! Je n'ai, de toute façon, guère le choix : il me faut faire confiance aux autres, vu mes handicaps. Bref, je peux être tout câlin dans les bras des gens. D'ailleurs, j'ai appris à faire de mignons câlins... Et puis, j'ai copié ma soeur Eva en faisant de grandes déclarations d'amour à mes parents : "Je t'aîîîîme, ma maman !" (ou mon papa). Et ça, ils me montrent bien qu'ils apprécient beaucoup. Ca donne le change aux moments difficiles

La petite couette toute douce...

J'aime donc aussi la douceur ! Depuis que je suis né, ou plutôt, depuis qu'elle sait que je suis aveugle, maman a eu l'idée géniale de me mettre dans mon lit une couette toute douce, comme de la soie. Je l'adore : elle est à la fois mon oreiller, ma couverture, et mon doudou. En réalité, c'est la couette de quand maman était petite. Du coup, faut bien avouer, elle n'est pas en très bon état. J'vous dis pas combien de fois il a déjà fallu la raccommoder d'urgence parce que le rembourrage s'échappait des parties toutes usées. Je l'aime tellement... Elle m'est indispensable. D'ailleurs, souvent, au lieu de dire que je vais au lit, je dis : "On va retrouver sa couette toute douce".
A ce propos, vous pouvez pas imaginer dans quelles positions papa et maman me retrouvent parfois endormi : souvent complètement découvert (malgré une deuxième couette). Toutes les positions sont bonnes : roulé en boule, à genoux recroquevillé sur moi-même, étalé de tout mon long, assis, jambes écartées et le corps couché en avant sur le matelas. Faut dire que je suis d'une souplesse incroyable ! J'pourrais dormir n'importe où et n'importe comment. Ca m'arrive même de m'endormir sur le plancher du living quand je suis crevé d'une journée bien remplie.
A un moment donné, ils avaient enlevé deux barreaux de mon lit pour me permettre de me déplacer dans ma chambre jusqu'au jour où ils m'ont retrouvé un matin endormi par terre, sans couette. Du coup, ils ont remis les deux barreaux. De toute façon, je sais très bien enjamber les barreaux le matin et le soir. Mais c'est vrai que depuis, je reste dans mon lit au moment de dormir.

18:34 Écrit par Luc Boland | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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